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Si Rueil m'était conté ... Imprimer Envoyer

Rueil_Logo1Jusqu'au XVIIe siècle, Rueil n'était qu'un modeste bourg de vignerons. Par quel truchement de l'Histoire ce petit village est-il devenu une des villes les plus prisées des Hauts-de-Seine ?

Retour sur une remarquable épopée.


La présence humaine à Rueil ne date pas d'hier !

 

La découverte de silex taillés et d'outils atteste l'existence de tribus néolithiques sur le site de Rueil. « Il y eut peut-être un village de chasseurs sur les hauteurs de Buzenval , estiment les historiens Jacques Delahaye et Michel Hébert, auteurs de l'ouvrage "Rueil-Malmaison". On a découvert des grattoirs, des pointes de flèche et des haches dans le cimetière de la rue Liénard. » Mais plutôt que la précocité de cette humanité, c'est bien la qualité des hommes d'Etat dont l'histoire a croisé celle de la ville qui retient l'attention.

 

Childebert1L'un des quatre fils de Clovis, le roi Childebert Ier, inaugure cette épopée au VIe siècle. Il possède à Rueil une villa transformée en domaine royal qui devient la résidence de chasse favorite des rois mérovingiens, Clotaire II et Dagobert Ier.

Trois siècles plus tard, en 875, le roi Charles le Chauve donne la terre et la châtellenie de Rueil aux moines de l'abbaye de Saint-Denis en leur demandant de s'opposer au passage des Vikings. Les moines deviennent donc seigneurs de la paroisse. Ils vont veiller sur Rueil pendant huit siècles.

Vers 1590, en pleine guerre de Religion, Henri IV donne l'ordre de fermer le bourg par d'épaisses murailles percées de six portes. « Ces murailles suivaient à peu près le tracé des boulevards actuels de Gaulle, Foch, Joffre, de l'Hôpital-Stell, Solferino et des rues Girouix, Charles-Floquet et Messire-Aubin », commente Liliane Kalenitchenko, présidente de la Société historique de Rueil-Malmaison et conservatrice en chef du musée d'Histoire locale.

 

RichelieuEn 1633, les religieux de Saint-Denis vendent le château du Val à Armand du Plessis, cardinal de Richelieu. Le Premier ministre de Louis XIII en fait sa propriété personnelle, agrémentant le parc de cascades, de bassins et même d'un arc de triomphe ! « L'arrivée de Richelieu marque un tournant dans l'histoire de la ville, assure Liliane Kalenitchenko. Ses échanges avec les villageois allaient bien au-delà d'un simple voisinage. En faisant travailler les commerçants, il a largement contribué à l'essor du bourg. »


Cette période marque le début de la notoriété de Rueil. Richelieu invite dans cette résidence somptueuse toutes les personnalités de l'époque, dont le roi LouisXIII, son frère Gaston d'Orléans et Anne d'Autriche. Sous son influence, le grand argentier du roi, Claude de Bullion, et le surintendant des bâtiments de LouisXIII, François Sublet des Noyers, vont acheter des propriétés à côté de son domaine.

A la mort du cardinal, en 1642, le château devient la propriété de la duchesse d'Aiguillon, sa nièce. Pendant la Fronde, elle y accueille le jeune roi Louis XIV, sa mère Anne d'Autriche et Mazarin. C'est là que fut signée la paix de Rueil, le 11 mars 1649, qui mit fin à la Fronde.

L'arrivée d'un régiment de gardes suisses au milieu du XVIIe siècle aura une influence décisive sur la vie du bourg. Certains militaires s'installent avec leur famille, d'autres épousent des filles de Rueillois chez qui ils sont logés. Chargés de la garde extérieure des châteaux, ils vont s'intégrer à la population pendant près de cent cinquante ans. Au total, un millier de Suisses ont vécu à Rueil, favorisant l'augmentation de la population, qui atteint presque 2000 habitants en 1756.

 

Bienfaiteurs « rueillophiles ».

 

Napolon_premier_consulJosephineAu lendemain de la Révolution, un événement va accroître encore la notoriété de Rueil : l'installation du Premier consul Napoléon Bonaparte et de son épouse Joséphine au château de la Malmaison. Pendant le consulat (1799-1804), Bonaparte y vient toutes les fins de semaine. Le couple y mène une vie très gaie, entouré d'Eugène et Hortense, les deux enfants de Joséphine issus de son premier mariage. Au domaine de la Malmaison, le Premier consul a travaillé à plusieurs actes importants de son règne : la cession de la Louisiane, l'institution de la Légion d'honneur et différents articles du Code civil. C'est là aussi, au calme de la salle du conseil, que sont préparés les préliminaires de la paix d'Amiens, signée avec l'Angleterre le 25 mars 1802.

 

Après la répudiation de Joséphine en 1809, les Rueillois ne verront plus l'Empereur. Joséphine, en revanche, s'est entichée du lieu. Une grande serre édifiée dans le parc du domaine lui permet de conserver des plantes exotiques. Comme Marie-Antoinette à Versailles, l'impératrice a fait aménager une ferme et un hameau au sud de l'étang de Saint-Cucufa. C'est sur cet étang qu'elle prend froid en mai 1814, au cours d'une partie de barque avec le tsar de Russie, Alexandre Ier, en visite. Joséphine de Beauharnais en mourra le 29 mai 1814.

Rueil_ArmesAprès la défaite de Waterloo, l'Empereur choisit d'y passer ses cinq derniers jours sur le territoire français avant d'être emprisonné sur l'île de Sainte-Hélène.

Très attaché au berceau d'adoption de sa famille, Napoléon III a contribué au développement de la ville avec la restauration de l'église et la construction de l'hôtel de ville. Rueil lui doit aussi son blason.

 

Du hameau agricole aux constructions pavillonnaires.

 

Au début du XIXe, les activités de la vigne et des champs occupent toujours les 3000 Rueillois. Mais cette ère est aussi celle de la blanchisserie, de la féculerie, des fabriques de glucose, du textile et de la métallurgie. La première ligne de chemin de fer dessert la gare de Rueil en 1844. Créée pour relier Paris à Saint-Germain-en-Laye, elle sera modernisée en 1872 avant l'installation du tramway et d'une ligne d'omnibus.

 

LongBoyauPendant la guerre de 1870, on se bat à Rueil, comme en témoigne le célèbre tableau du peintre Alphonse de Neuville « La défense de la porte de Longboyau », exposé au musée de l'Armée. Plusieurs milliers d'hommes seront tués, le 19 janvier 1871, au cours de la bataille de Buzenval. Parmi eux, le talentueux peintre Henri Regnault, auteur de plus de 110 toiles et de 45 aquarelles qui lui ont valu le prix de Rome en 1866.

 

Au début du XXe siècle, les Parisiens aiment pique-niquer au bord de l'étang de Saint-Cucufa. Les impressionnistes Edouard Manet, Claude Monet et Auguste Renoir affectionnent particulièrement y croquer la Seine et ses guinguettes. C'est aussi le moment où les infrastructures de la ville se développent grâce à un couple de bienfaiteurs américains, Edward et Julia Tuck-Stell. Installés au domaine de Vert-Mont, au 82 de l'avenue des Champs-Elysées, à Rueil, ils permettent grâce à leur généreuse « rueillophilie » la création d'un hôpital pour les malades indigents. Ils y créent une consultation pour nourrissons et achètent un terrain dans le quartier de la Plaine, où sera édifiée une école. Par leurs dons, ils vont enrichir les collections du musée et contribuer à accroître le domaine de la Malmaison.

 

Malgré tout, Rueil reste un modeste hameau agricole avant la Première Guerre mondiale. Occupé par les Allemands en 1940, il est libéré le 19 août 1944, quelques jours avant Paris. Le recensement de 1946 dénombre 27016 habitants, celui de 1962, 55228. En seize ans, la population a doublé ! Morcelés, les terrains agricoles sont vendus peu à peu. Ils laissent place à la construction pavillonnaire et à de grands ensembles censés accueillir cet afflux de population. La réforme administrative de 1964 fait éclater le département de Seine-et-Oise auquel appartient la ville. Par la loi du 10 juillet 1964, Rueil-Malmaison devient l'une des 36 communes du département des Hauts-de-Seine.

 

Spectaculaire changement de visage.

 

En 1971, le gaulliste Jacques Baumel, héros de la Résistance, devient le maire de cette ville champignon. « Mon premier acte, confiera l'élu quelques années plus tard, a été de stabiliser la population. » Pour cela, il interdit les concentrations excessives et les tours. Décédé en 2006, après trente-trois ans comme premier magistrat de la ville, Jacques Baumel se sera attaché à créer les équipements qui faisaient défaut à la ville. Il a également multiplié par cinq la superficie des espaces verts et planté 10000 arbres. « Sous son influence, Rueil a spectaculairement changé de visage, témoigne Jean-Claude Caron, ancien adjoint aux finances de la ville, aujourd'hui vice-président du conseil général. Cette petite ville, commune dortoir pendant les années 60, est devenue une des plus prisées des Hauts-de-Seine. » En quinze ans, la ville est passée d'une seule crèche de 60 lits à 9 crèches offrant un total de 600 lits. Jacques Baumel est à l'origine de la création du Théâtre André-Malraux, de la médiathèque et du Conservatoire National de Région. Il est le père du quartier d'affaires Rueil 2000, où travaillent 15000 personnes. Baptisé aujourd'hui « Rueil-sur-Seine », c'est une spectaculaire réussite en termes de création d'emplois et de retombées fiscales.

 

JBaumelPOllierElu depuis 2004, le député maire Patrick Ollier doit gérer une ville passée de 68000 habitants dans les années 90 à 78000 aujourd'hui. Pour maîtriser l'augmentation de la population, l'ancien président de l'Assemblée Nationale a décidé de limiter la constructibilité de la ville, en modifiant le plan local d'urbanisme et en réduisant le coefficient d'occupation des sols. Pour l'avenir, Patrick Ollier formule divers projets : « Terminer la rénovation du centre ancien, le restituer aux piétons et inventer de nouveaux lieux pour le développement économique tout en préservant la qualité de la vie. » L'enjeu est de taille : car cette douceur de vivre a fait la fortune de Rueil et attiré sur son sol de grands hommes et des femmes non moins illustres ...

 

Source: Le Point - N° 1865 - 12 juin 2008

 

 


 

 

Plus d'informations sur l'histoire de notre ville avec la Société Historique de Rueil-Malmaison shrmbanniere